« On n'est pas photogéniques » : ce que disent presque tous les couples

Quand quelqu'un se trouve mauvais en photo, ce n'est presque jamais une question de visage. C'est une question de situation. On se sent observé, on se raidit, on prend une pose qu'on ne tient pas, on guette le déclic. Le malaise vient de là, pas de vous. La preuve : les mêmes personnes qui détestent les photos officielles adorent les clichés volés où elles rient à table sans y penser. Votre visage n'a pas changé entre les deux. Ce qui a changé, c'est que dans un cas vous posiez, et dans l'autre vous viviez quelque chose.

Mariés qui descendent un escalier en riant, photo en noir et blanc sur le vif, Kaïto Rimbaud photographe

Un fou rire dans l'escalier, au moment où personne ne posait.

Bonne nouvelle : vous n'avez pas besoin de savoir poser

C'est le point que je répète le plus souvent aux futurs mariés : des photos de mariage naturelles ne demandent pas de savoir poser, elles demandent seulement de vivre votre journée. Personne ne vous notera sur votre placement ou votre sourire. Votre travail à vous, c'est de vous marier, de rire avec vos proches, d'être émus. Le mien, c'est de raconter tout ça sans vous transformer en modèles. Un mariage est déjà plein de gestes justes, de regards et d'instants qui n'ont pas besoin d'être joués. Il suffit d'être là au bon moment pour les attraper.

Le reportage documentaire, ou l'art de vous photographier sans vous diriger

Il existe deux grandes façons de photographier un mariage. La première consiste à placer les gens, à leur demander de sourire, à répéter jusqu'à obtenir l'image. La seconde consiste à suivre la journée telle qu'elle se déroule et à saisir ce qui arrive vraiment. Je travaille de cette seconde manière. Concrètement, vous n'avez presque rien à faire : vous vivez votre journée et je m'occupe de la raconter, des préparatifs jusqu'à la piste de danse. Les rires, les regards, les larmes d'un père pendant un discours, un enfant qui s'endort sur une chaise, rien de tout cela ne se commande. Si le sujet vous intéresse, j'en parle plus en détail dans mon article sur le mariage en reportage documentaire.

Invités qui rient à la lumière du soir pendant un mariage, moment sur le vif, Kaïto Rimbaud photographe

La lumière du soir et des rires qui ne se commandent pas.

Un rendu qui vous met en valeur sans vous trahir

Il y a une raison de plus de ne pas trop vous inquiéter : la manière dont vos photos seront traitées joue autant que la pose. Je travaille un rendu argentique, aux tons chauds et à la lumière douce, avec ce grain fin de pellicule qui donne aux images un air de souvenir. Concrètement, ça adoucit les visages, ça réchauffe les peaux, ça pardonne les petites imperfections qu'un rendu froid et très net irait au contraire souligner. Vos photos ressemblent à un souvenir vécu, pas à un examen. Pour beaucoup de couples qui appréhendent, c'est ce qui fait la différence entre se trouver « pas terrible » sur une image clinique et se reconnaître enfin sur une photo qui a une âme.

Couple de mariés enlacés devant une verrière à l'heure dorée, Kaïto Rimbaud photographe

Quelques minutes à deux, à l'heure dorée.

Vos photos préférées seront celles où vous aurez oublié l'appareil, pas celles où vous étiez le plus « réussis ».

La séance engagement : un galop d'essai avant le jour J

Si l'appréhension est vraiment forte, il existe un remède simple : se photographier une première fois avant le mariage, lors d'une séance couple détendue, dans un lieu que vous aimez. L'enjeu est nul, personne ne vous regarde, et vous découvrez comment je travaille. La plupart des couples arrivent tendus et repartent en me disant qu'ils ne s'attendaient pas à passer un aussi bon moment. Le jour du mariage, vous savez à quoi vous attendre, vous me connaissez déjà, et tout le stress lié à l'objectif est retombé bien avant. Je détaille son déroulé dans mon article sur la séance engagement.

Comment je me fais oublier pendant votre mariage

Une bonne partie de mon métier consiste à me rendre discret. Je reste à distance, j'utilise des focales qui me permettent de ne pas coller les gens, je parle peu pendant les moments forts. Au bout d'une heure, la plupart des invités ne font plus attention à moi, et vous non plus. C'est là que les vraies images arrivent. Un couple qui se pense seul dans une voiture entre l'église et la réception se tient tout autrement qu'un couple qui sait qu'on le regarde. Mon rôle, c'est de vous laisser cet espace tout en étant là pour ne rien manquer.

Instant spontané entre invités pendant la fête, saisi à distance, Kaïto Rimbaud photographe

Un instant attrapé de loin, sans que personne y pense.

Le jour J : quelques repères simples

Pour les rares photos de couple de la journée, je vous guide, mais avec des consignes concrètes plutôt que des poses : marchez vers moi, regardez-vous, chuchotez-vous quelque chose, repensez à un souvenir précis. Vous avez quelque chose à faire, donc vous ne pensez plus à l'appareil, et le résultat est vivant au lieu d'être figé. Trois réflexes aident vraiment. Prévenez-moi de votre appréhension dès le début, ça m'évite d'insister au mauvais moment. Pendant les moments à deux, concentrez-vous sur l'autre et pas sur l'objectif. Et si l'un de vous déteste ça bien plus que l'autre, dites-le-moi : je laisse à la personne la plus réservée le temps de s'habituer et je ne force jamais. On peut aussi réduire les photos de groupe au minimum utile et les caler pendant le vin d'honneur, un verre à la main, quand tout le monde est détendu.

Mariés complices dans la voiture entre l'église et la réception, moment sur le vif, Kaïto Rimbaud photographe

Entre l'église et la fête, seuls au monde.